Créé le 09/02/2012 à 12:30, modifié le 09/02/2012 à 15:18 Par Régis Aumont
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Trop tendre le Canada ?

Adversaire de l'équipe de France lors du premier tour de la Coupe Davis, à partir de vendredi à Vancouver, le Canada aimerait soigner son retour dans le groupe mondial. Mais avec un seul joueur classé parmi les cent premiers mondiaux, Milos Raonic (29e), les Canadiens partent de loin. D'autant que leur jeune chef de file, sans doute amené à disputer simple et double, n'a aucune expérience à ce niveau.

Milos Raonic, ici lors d'un match NBA à Toronto. (Reuters) Milos Raonic, ici lors d'un match NBA à Toronto. (Reuters)
C'est une montagne qui se présente devant les Canadiens. De retour dans le groupe mondial de Coupe Davis, après une victoire l'an dernier sur Israël en barrages, le Canada se présente avec un seul joueur classé dans les cent meilleurs mondiaux au moment de défier la France. Seul habitué du circuit principal de l'ATP en simple, Milos Raonic va, du haut de ses 21 ans, devoir porter une équipe habituée ces dernières années à errer en deuxième division. "Raonic est un très bon joueur mais il est seul", nous confiait Richard Gasquet la semaine dernière à Montpellier. Difficile de lui donner tort.

Derrière le n°1, classé 29e mondial cette semaine, le désert... Sans doute appelé à jouer en simple, Vasek Pospisil est un habitué des tournois Challenger. Certes en progression, ce jeune joueur lui aussi âgé de 21 ans, siégeant au 115e rang de l'ATP, ne semble pas avoir les armes pour titiller Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils sur un match au meilleur des cinq sets, même si le Parisien voit en lui "beaucoup de talent". Joker éventuel, Frank Dancevic (178e), joueur pour le moins offensif et adepte des surfaces rapides, est aujourd'hui loin de son meilleur niveau et n'a que peu de chances d'évoluer sur le court du Thunderbird Sports Centre de Vancouver. Quatrième élément de l'ensemble dirigé par Martin Laurendeau, Daniel Nestor n'en est pas pour autant le moins important. Grand spécialiste du double, il est indispensable au rêve canadien de glaner trois points ce week-end.

Le point du double, une obligation

N°3 mondial de la spécialité, Nestor, associé sur le circuit au géant Max Mirnyi, pourrait bien être aligné avec Raonic le samedi. Une paire qui serait alors à prendre très au sérieux pour le duo Llodra-Benneteau reconstitué. Mais pour que ce point représente plus qu'une simple relance du suspense pour le camp canadien, il faudra que Raonic ait battu Gaël Monfils la veille. Une mission difficile mais pas impossible pour ce grand serveur révélé l'année dernière. Sur une surface plutôt rapide, cette grande carcasse (1m96, 90 kilos) née au Monténégro aurait des armes à faire valoir, qui plus est face à un joueur qui a dû digérer neuf heures de décalage horaire depuis lundi. L'issue de ce Monfils-Raonic, qui ne se sont affrontés qu'une fois pour une victoire étriquée du Français à Stockholm l'an dernier (6-7, 6-4, 6-3), déterminera sans doute la résistance que sera capable d'opposer le Canada.

Allant de pair avec sa jeunesse, Raonic compte une expérience très limitée en Coupe Davis. Il a disputé seulement quatre rencontres jusque-là, toutes dans une division inférieure. Pour ses premiers pas dans le groupe mondial, dans une enceinte toute acquise à sa cause, la pression sur ses épaules sera (trop ?) grande. Une donnée qui rend l'équation plus difficile encore pour les Canadiens en quête d'un authentique exploit pour leur retour, huit ans après leur dernière apparition, dans le haut du panier de la Coupe Davis.

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