Créé le 22/02/2012 à 15:51 Propos recueillis par SYLVAIN LABBE
De Sports.fr, à Marcoussis
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Szarzewski: "Etre le n°1 des n°2"

Refusant de commenter l'annonce de son départ pour le Racing, qu'il devrait officialiser avant la fin de semaine, Dimitri Szarzewski, titulaire dimanche, à Murrayfield, a conscience de vivre un moment charnière de sa carrière en équipe de France. A l'heure de la retraite de William Servat, s'il sait que son heure est arrivée, le talonneur se souvient aussi qu'il n'avait pas su saisir cette chance lors de l'arrêt de Raphaël Ibanez.

A 29 ans, Szarzewski fait figure d'héritier naturel de Servat. (Maxppp) A 29 ans, Szarzewski fait figure d'héritier naturel de Servat. (Maxppp)
Dimitri, après le report de France-Irlande, avez-vous craint que ce coup au genou, reçu face à Toulon, vous prive de cette titularisation tant attendue face à l'Ecosse ?
C'est sûr que lorsque j'ai reçu le coup sur le genou, un endroit toujours délicat, très près de la rotule, ça peut gonfler et provoquer un épanchement, oui, sur le coup, j'ai eu un peu peur, surtout que le soir, j'avais encore mal. Mais c'est de l'histoire ancienne puisque tout va bien aujourd'hui. Je suis ravi de pouvoir disputer cette rencontre.

Philippe Saint-André dit que vous possédez toutes les qualités pour devenir le n°1 à votre poste. Mais il vous met en garde pour ne pas trop en faire dimanche face aux Ecossais...
Oui, je vais l'écouter. Ça fait plaisir, mais c'est vrai que depuis un petit moment, je me mets beaucoup moins de pression sur les épaules. Je me pose beaucoup moins de questions. Auparavant, le statut de remplaçant me poussait à en faire un peu trop pour gagner ma place et parfois, ça m'a desservi. La Coupe du monde, les matches avec le Stade Français m'ont fait énormément de bien, je pense que j'ai franchi une étape.

"Lorsque Raphaël Ibanez a arrêté, je me suis dit: "Ça va être à mon tour""



Lors de cette dernière Coupe du monde, il vous était impossible de bousculer l'ordre établi...
Je n'ai pas le souvenir d'avoir eu la chance de pouvoir prendre le maillot, même si je jouais le match contre la Nouvelle-Zélande (match de poules). C'était un contexte différent... Oui, je savais que si je voulais récupérer le n°2, il faudrait que je sorte un match vraiment extraordinaire, donc je me suis mis beaucoup de pression avant et après le match, et ça m'a plutôt desservi.

Cette image de super remplaçant n'a-t-elle pas fini par devenir insupportable ?
Bien sûr quand on est compétiteur, on a envie d'être le n°1 des n°2. Ce n'est jamais évident, mais il faut savoir relativiser. J'avais aussi la chance de faire partie de cette équipe et de pouvoir rentrer assez tôt dans la partie. Donc je n'avais pas le droit de me plaindre et je me devais de jouer le jeu jusqu'au bout.

Ne perd-on pas de l'influx à jouer ce rôle sur le banc ?
Oui, on y laisse énormément d'influx, il faut gérer et ne pas se mettre trop de pression. Savoir faire aussi abstraction du déroulement du match parce qu'on est spectateur, on regarde et on vit le match de très près, et même si on n'est pas sur le terrain, on y laisse beaucoup d'énergie. Ce n'est pas évident, mais ça s'apprend tout simplement. Je commence à avoir l'habitude...

Vous avez le sentiment d'abattre une carte importante ce dimanche face aux Ecossais ?
Oui, c'est une chance, mais j'espère que ce ne sera pas non plus la seule. Je ne vais pas tout miser sur ce match-là parce qu'il peut se passer énormément de choses, je peux passer à côté du match, il y a beaucoup d'aléas, ça reste un match de rugby. Mais je ferai, en tout cas, le maximum dans mon investissement, dans l'engagement pour apporter le meilleur à mes coéquipiers.

La future retraite de William Servat constitue-t-elle une libération pour vous ?
Non, je ne me dis pas ça parce que lorsque Raphaël Ibanez a arrêté, je me suis dit: "Ça va être à mon tour", et puis finalement, ça n'a pas été le cas. Il peut se passer beaucoup de choses, il y a d'autres talonneurs en France de haut niveau, des jeunes qui arrivent. Donc, non, il faut se remettre en question à chaque fois, tout le temps, et donner le meilleur de moi-même à chacune de mes sorties.

"William, il faut lui laisser savourer..."



Vous sentez-vous plus armé aujourd'hui pour ne pas revivre une telle désillusion ?
Talonneur, c'est un poste d'expérience, on apprend tous les jours et j'ai l'impression aujourd'hui d'avoir vraiment franchi un palier, d'avoir muri. Aux alentours de trente ans, apparemment, c'est la force de l'âge pour les joueurs de première ligne, j'espère que ce sera le cas pour moi.

Vous avez pu en parler avec William (Servat) de l'arrêt de sa carrière et de ce passage de flambeau ?
Oui, on en a discuté, mais sans s'appesantir parce que ce n'est jamais évident d'évoquer une fin de carrière. Il faut lui laisser aussi savourer son dernier Tournoi. Parce que je crois qu'il a la tête à bien finir, comme il le faut, en équipe de France, donc ce n'est pas moi qui vais le perturber avec ça.

Si vous avez l'occasion d'être titulaire lors de ces quatre prochains matches du Tournoi, vous ne vous en priverez pas tout de même ?
C'est sûr que si j'en ai l'occasion, et même si on se respecte énormément avec William, si on a toujours eu une concurrence très saine, on reste tous les deux des compétiteurs et si je peux faire tous les matches, je ne m'en priverai pas. Mais on n'en est pas encore là.

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