Créé le 10/02/2012 à 07:05, modifié le 10/02/2012 à 11:23 Par S.L.
De Sports.fr
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Pénibles ces Verts !

"Très mariols" pour Philippe Saint-André, les Irlandais promènent une réputation quasi-inégalée pour leur capacité à jouer avec la règle, qui se double surtout d'une aptitude au combat sans pareil, à l'image d'un Paul O'Connell. Des qualités qui suscitent autant la crainte qu'un profond respect chez des Bleus pourtant à leur avantage face aux Verts ces dernières années.

O'Connell, symbole de l'Irish spirit, qui mobilise si bien les Bleus. (Reuters) O'Connell, symbole de l'Irish spirit, qui mobilise si bien les Bleus. (Reuters)
William Servat répond d'instinct. La réaction du talonneur tricolore fuse lorsqu'on l'invite à s'exprimer sur son goût à aller défier dans les zones de ruck un certain Paul O'Connell. "Vous voulez dire par rapport à McCaw par exemple..." Le parallèle tracé par "La Bûche" entre le grand rouquin du XV du Trèfle et l'immense, mais tout aussi controversé capitaine des All Blacks champions du monde, en dit long sur la haute estime dans laquelle les Bleus tiennent cet Irish spirit. Qui n'empêche pourtant pas les Bleus d'afficher un bilan impressionnant de neuf victoires lors des dix derniers matches face aux hommes en vert !

"Très mariols", mais pas que...


La réputation des Irlandais dans les zones de ruck et dans le jeu au sol de manière générale n'est plus à faire. Un secteur de jeu dans lequel les Bleus ont pêché par manque d'agressivité face à l'Italie. Si Philippe Saint-André attend une progression de son équipe dans ce domaine samedi, au Stade de France, face au XV du Trèfle, le sélectionneur tricolore a pu constater à quel point Paul O'Connell et ses coéquipiers pouvaient évoluer à l'extrême limite de la règle face aux Gallois ce dernier week-end. Et de prendre des accents toulonnais: "On a pu voir que les Irlandais sur la zone plaqueur-plaqué étaient, comme on dit, très "mariols" !", a-t-il commenté dans un sourire entendu.

Ses joueurs lui emboîtent le pas, à l'image de Pascal Papé, et parlent de cette zone plaqueur-plaqué en connaissance de cause. "C'est une équipe limite, limite à chaque fois..., lâche le deuxième ligne. Même souvent un peu hors jeu, ce sont des mecs qui ont la capacité à s'enrouler autour du porteur du ballon pour ralentir la sortie du ballon. Que ce soit Heaslip ou O'Connell, qui tiennent le porteur debout pour essayer de provoquer un changement de mains sur mêlée ; ils sont pénibles. Ils le font très bien, ils sont très peu sanctionnés, alors qu'ils sont "border-line" à chaque fois. On a donc revu toutes ses situations pour ne pas être surpris". Lionel Nallet ne dit pas mieux: "De gros pénibles..."

O'Connell, un symbole


Parfait relais de Brian O'Driscoll au capitanat, dans un autre style, Paul O'Connell incarne ce goût du XV du Trèfle pour le combat non seulement au sol, mais aussi dans le domaine aérien, dans un secteur de la touche, où son association avec son fidèle compère Donncha O'Callaghan fait figure de référence mondiale avec les Boks. "La touche irlandaise se regroupe autour d'un homme emblématique, qui n'a plus à faire ses preuves et se retrouve là en tant que chef de cette touche irlandaise, décrit Servat sans nommer le capitaine du Munster. Un joueur hors pair. (...) C'est quelqu'un de très adroit et de très aérien, qui crée beaucoup d'incertitudes parce qu'il bouge beaucoup dans les alignements. Il se déplace, c'est lui qui conduit les stratégies de miroirs ou de zones." Autre habitué de ces duels en haute altitude, Papé confirme: "C'est quelqu'un qui a beaucoup d'expérience, la touche, c'est son point fort. Ça fait partie des deuxièmes lignes rugueux. Lui ou un autre, quand on a des joueurs de ce niveau-là face à nous, ça motive encore plus parce qu'on peut s'étalonner et essayer de prendre l'ascendant."

Du combat, encore du combat


"C'est une équipe très dure à jouer, à chaque fois, ce sont les matches les plus difficiles parce qu'il y a de l'évitement, mais il y a aussi de l'affrontement, ce sont en général des matches physiques, donc a toujours une certaine appréhension à les jouer". Un lien de cause à effet, à en croire Imanol Harinordoquy, pour qui ces Irlandais, par la crainte qu'ils inspirent, poussent l'équipe de France à donner le meilleur d'elle-même. "C'est pour ça qu'elle nous réussit, lâche le Biarrot, titulaire samedi. Il y aura matière à se faire plaisir (sourire). C'est le match où tu sais que si tu n'es pas présent dans l'engagement, tu n'existes pas." Une dimension dans laquelle les Bleus n'ont pas franchement convaincu face à l'Italie. Inquiétant ? Harinordoquy a sa recette: "Comment on va s'adapter ? C'est simple, il va falloir mettre de grands coups de casque..."

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