Créé le 09/02/2012 à 16:54, modifié le 10/02/2012 à 12:31 Par S.L.
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Les révoltés du Racing

Le départ fracassant de Sébastien Chabal est-il en train de faire exploser le vestiaire du Racing-Métro 92 ? Tout porte à le croire après que l'effectif, dans sa grande majorité, a réclamé au président Jacky Lorenzetti la démission du staff en place, Pierre Berbizier en tête. Le club francilien bascule dans une crise interne sans précédent.

Ses joueurs ont-ils définitivement tourné le dos à Pierre Berbizier ? (Maxppp) Ses joueurs ont-ils définitivement tourné le dos à Pierre Berbizier ? (Maxppp)
La situation n'en finit plus de s'envenimer au Racing-Métro 92 où, après les mises au point sans concession du président Jacky Lorenzetti et du manager Pierre Berbizier sur les conditions du départ de Sébastien Chabal du club francilien, l'effectif, dans sa grande majorité, a ce jeudi sollicité Lorenzetti afin d'obtenir de celui-ci un changement du mode de management. Ce qui revient, peu ou prou, à réclamer la démission du staff en place, Berbizier en tête. Une défiance qui a trouvé sa légitimité à travers un vote sans concession largement défavorable au manager, rejeté par 35 de ses joueurs pour 1 seul soutien au sein du vestiaire (4 joueurs étaient absents, dont Nallet, retenu à Marcoussis, ndlr).

"Pour un entraîneur, c'est une situation difficile, voire une situation d'échec, déclarait encore mercredi un "Berbiz" affecté, mais remonté contre Chabal. C'est une remise en question de tout un fonctionnement mis en place depuis cinq ans, depuis que je suis arrivé". Ses joueurs semblent l'avoir pris au pied de la lettre...

Lorenzetti évoque "un soubresaut suite à l'épisode Chabal"

Cet ultimatum lancé au patron du club ciel et blanc, ainsi placé face à ses responsabilités, n'aurait jamais dû filtrer avant ce week-end et le choc à Clermont, essentiel pour un Racing toujours écarté des places qualificatives pour les phases finales (7e, 37 points). Mais la cohésion du vestiaire, totale pour réclamer la tête de "Berbiz'" a connu un raté. Pour une fuite quasi inévitable.

A ceux qui avaient imaginé que le cas Chabal constituait un épiphénomène dans le paysage jusqu'à présent presque sans nuage du club francilien, ce coup de force du vestiaire apporte un sérieux démenti. Et la portée de la mise à la porte, sans ménagement, du troisième ligne international aura sans doute été mal appréciée par l'ancien sélectionneur de l'équipe de France qui, la veille de ces évènements, avaient eu des mots très durs à l'encontre du "Caveman" (voir : Berbizier habille Chabal pour l'hiver). En même temps que l'attachement du vestiaire à un joueur aussi emblématique et apprécié de tous. Un sentiment traduit avec pudeur et surtout pas mal de prudence quelques minutes avant la diatribe de Berbizier par Rémi Vaquin: "Je suis triste qu'il soit parti, de manière personnelle, parce qu'il manque au vestiaire." Un vestiaire qui, vingt-quatre heures après le pot de départ de Chabal, à l'évidence, a fait son choix.

Ce mode de management, Berbizier avait donc semblé mercredi, en conférence de presse, au détour d'une phrase, admettre lui-même ses limites: "Pour en arriver là, on se pose forcément des questions sur ce fonctionnement..." La réponse à la question de confiance posée par les Racingmen ne fait plus aucun doute et traduit une rupture sans doute définitive dans une relation, dont l'épisode Chabal n'aura constitué qu'un clash de plus après notamment l'éviction tout aussi brutale, à l'automne dernier, d'un Simon Mannix regretté par tout un groupe.

Une accumulation qui ne suffirait pourtant pas à priver Berbizier du seul soutien valable au sein du club. Un Jacky Lorenzetti solidaire d'un technicien auquel il a confié depuis bientôt cinq ans les destinées de son club et qui, interrogé sur RMC, adopte un discours empreint d'une sérénité toute présidentielle. "Le Racing a un match samedi, à Clermont, nous allons le préparer pour le gagner, nous allons y aller avec Pierre Berbizier à la tête de l'équipe première, a-t-il lâché, avant de qualifier les évènements du jour de "soubresaut suite à l'épisode Chabal.".

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