Papé: "Blessés dans notre orgueil"
Après une saison bien décevante achevée à la neuvième place, le Stade Français est en pleine reconstruction. Heureux des changements opérés au sein du club, au niveau des infrastructures mais aussi du staff avec l'arrivée de Michael Cheika, le deuxième ligne Pascal Papé ne cache pas son ambition et espère bien renouer avec les sommets au cours de cet exercice 2010-2011.
Pascal Papé et ses coéquipiers sont bien décidés à faire oublier une saison noire (Reuters).
On est en plein dedans, ça se passe bien. On est surtout très content parce qu'il y a eu un grand changement dans le club. On peut s'appuyer sur des infrastructures solides avec les installations de Charlety (*). On a aussi un changement de staff sous la houlette de Michael Cheika qui est super. On fait des choses nouvelles, que l'on ne faisait pas avant car cela diffère un petit peu de la préparation française. Donc il y a beaucoup de changements, qui font du bien à la tête surtout après la saison passée où on a extrêmement souffert. Ça ne veut pas dire qu'on sera champion de France mais en tout cas on réattaque sur des bases saines avec de nouvelles ambitions.
Vous parlez de changements, mais sur quoi portent-ils ? L'état d'esprit ? La manière de travailler ?
Les deux. Au niveau de l'état d'esprit, chacun individuellement essaye de tirer dans le même sens. On est tous dans la même équipe, le même bateau. J'inclus tout le club. On veut que le Stade Français redevienne une grande équipe. Pas une très grande équipe mais une grande équipe. On fait les choses dans l'ordre, on a tous compris cela et surtout on est tous blessés dans notre orgueil. On a tous connu une saison bizarre et pas très bonne. Il y a beaucoup d'orgueil aussi dans cette préparation car on ne peut pas laisser le club avec cette image défaitiste que l'on a eu la saison dernière.
"Tout le monde ferme sa gueule et on bosse"
Quel est le discours de Michael Cheika et en quoi diffère-t-il de celui de ses prédécesseurs ?
Chaque entraîneur est différent, Michael est un entraîneur avec une grande expérience, puisqu'il a entraîné un grand club d'Europe avec lequel il a été champion d'Europe (Leinster). C'est un plus pour nous car il va nous amener la rigueur du haut niveau. C'est peut-être ce qui nous manquait à certains moments dans les années précédentes. On est très content aujourd'hui, car tout le monde ferme sa gueule et on bosse.
Est-ce que vous aviez besoin d'un changement radical pour évoluer et repartir de l'avant ?
Ça, chacun réagit un peu comme il le sent. Maintenant, à un moment donné, c'est nécessaire, car on a tellement souffert la saison passée. On peut trouver plein de causes à cette souffrance. En tout cas, on avait besoin de fraîcheur dans ce club et on l'a désormais avec les infrastructures et nos nouveaux entraîneurs.
Du coup, est-ce que vous vous êtes fixés des objectifs pour la saison à venir ?
L'objectif, il est simple, il est efficace, et c'est le même pour tout le monde. Il faut gagner le plus de matches. On comptera à la fin, mai son ne veut surtout pas reproduire ce qu'on a fait la saison dernière. Alors, je ne vous dis pas que l'on sera champion, mais en tout cas on va prendre chaque match comme une étape. Sio on peut tout gagner, on gagnera tout. Bien évidemment, ça ne sera certainement pas ça, mais c'est l'objectif qui nous anime aujourd'hui. C'est gagner le plus de matches, point, et revenir ainsi un petit peu dans les six.
"Si je suis bon avec mon club, le reste viendra après"
Est-ce que le fait de ne pas disputer la H-Cup (le Stade Français disputera tout de même le Challenge Européen) va vous permettre d'être plus concentrés sur le Top 14 ou, au moins, de garder des forces ?
Déjà, c'est une déception pour le club. Car, quand on n'est pas qualifié pour la Coupe d'Europe, c'est dommage financièrement. Après, avec la saison qui arrive, c'est peut-être un mal pour un bien. On laissera peut-être moins de forces dans des gros matches.
Le Top 14 sera-t-il encore plus relevé selon vous ?
Comme l'année dernière, ça va être une grande bataille jusqu'à la fin. Il ne faudra pas se manquer. Plus ça va et plus les clubs sont proches les uns des autres. Après, chaque match va être compliqué ce qui fait le succès du Top 14 et ce qui nous donne envie de jouer dans ce championnat.
Le fait de jouer dans un nouveau stade à domicile, ça change quelque chose ?
Oui, on avait commencé contre le Racing la saison dernière et on a gagné (41-17 lors de la 26e et dernière journée de la saison régulière). On part sur des bonnes saines pour que notre nouveau stade intérimaire reste un endroit où il est difficile de gagner.
Sur un plan personnel, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?
Rien (rires). Déjà d'avoir de très bons résultats avec le Stade Français, la suite viendra avec.
Votre réussite passe par le collectif...
C'est exactement ça. Ça passe par mon club. Si je suis bon avec mon club, le reste viendra après.
Après votre stage à Tignes, vous affrontez Lyon vendredi prochain, puis Toulon, le 6 août en amical. Est-ce que ces matches amicaux vont vous permettre de monter en puissance avant le début du Top 14 ?
Voilà, tout en sachant que l'objectif c'est d'être prêt le 13 août pour affronter Bourgoin à domicile.
(*) Le Stade Jean-Bouin a été détruit et va être remplacé par une nouvelle enceinte de 20 000 places. En attendant sa livraison prévue en 2013, le Stade Français s'est délocalisé au Stade Charlety.






